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La disparition soudaine de Maxwell Gitelson, président de l'Association psychanalytique internationale, a surpris et peiné tous ceux qui le connaissaient. Nous l'avions vu, si jeune encore d'aspect et si actif, durant le dernier grand Congrès international à Stockholm, qu'il nous est difficile de réaliser qu'il n'est plus.
La psychanalyse mondiale a perdu en lui un de ses représentants les plus éminents et les plus connus. Il s'était fait apprécier aussi bien par la qualité de son enseignement (il avait été professeur à l'Université de Chicago et à celle de l'Illinois), que par son sens clinique et par la haute tenue de ses écrits. Il était l'auteur d'une quarantaine de livres et d'articles. Ceux d'entre nous qui eurent le privilège de l'entendre présenter à Stockholm un rapport sur les « Facteurs de guérison en psychanalyse » ont vivement apprécié la distinction de cet esprit, qui savait être profond en restant toujours clair.
Pénétrant sans jamais chercher à être incisif, sachant prendre position sans jamais passionner le débat, sûr de lui sans ombre de vanité, il savait en toutes choses garder cette « juste mesure » qui est, dit-on, l'apanage des êtres forts.
On nous a dit depuis qu'il avait toujours maintenu une activité sans défaillance au prix de sa propre santé, qui donnait cependant quelques signes de fléchissement. Il refusa d'en tenir compte et continua à s'occuper avec un soin extraordinairement consciencieux de tous les problèmes, minimes ou sérieux, qui se présentaient à lui en tant que Président d'une association aussi nombreuse et variée que l'Association psychanalytique internationale.
Nous garderons de lui le souvenir d'un homme de grande qualité, chez lequel nous avons souvent admiré une constante courtoisie qu'accompagnait une tranquille fermeté. L'œuvre et l'homme compteront dans l'histoire de la Psychanalyse. Que sa mémoire trouve ici l'hommage qui lui est dû.
Par S. Nacht.