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Ma communication veut se limiter au problème de l'homosexualité manifeste, plus précisément de l'homosexualité dans la mesure où elle a pu au moins donner lieu à des émois, susciter des fantasmes diurnes accompagnés d'activités masturbatoires. En d'autres termes, nous pouvons dire que l'homosexualité est manifeste quand c'est l'objet homosexuel, au détriment de l'objet hétérosexuel, qui se trouve investi de façon prédominante dans la vie psychique consciente de l'individu. Freud a écrit en 1920, « qu'il est possible de découvrir une large part d'homosexualité latente ou inconsciente chez toute personne normale ». Mais l'investissement dans ce dernier cas n'est pas distribué comme dans l'homosexualité manifeste, et nous engager à le considérer, nous entraînerait dans le champ de la psychopathologie générale.
Il arrive que nous observions occasionnellement chez l'hétérosexuel l'émergence de fantasmes et de comportements homosexuels; mais ils ne surgissent que dans des circonstances exceptionnelles, par exemple sous l'influence de l'alcool, alors que les forces refoulantes du Moi sont affaiblies. On a noté, par ailleurs, que, dans les forces armées américaines et anglaises de la dernière guerre mondiale, il n'y avait pas eu d'augmentation sensible de l'homosexualité contingente; c'est-à-dire, le recours à un comportement homosexuel en l'absence de partenaires hétérosexuels. Seuls y sont susceptibles les individus déjà homosexuels au moment de leur service militaire.
Dans les Trois essais sur la théorie de la sexualité, Freud décrit l'homosexualité comme une déviation dans le choix de l'objet sexuel. Une multiplicité de facteurs déterminent l'évolution de l'individu vers la maturité sexuelle et l'activité hétérosexuelle. L'inhibition et la dissodation