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Le point de départ de cette communication a été ma conviction qu'une étude de processus d'identification sexuelle pouvait nous éclairer sur le destin des composantes homosexuelles chez des patients de types variés. La notion de Gender Identity se réfère à la conscience chez l'individu de son appartenance à tel sexe déterminé, conscience par exemple pour l'homme d'être de sexe masculin, donc différent des femmes, et vice versa. (Cette notion fut élaborée en collaboration avec Stoller.) Les faits cliniques sur lesquels reposent cette étude concernent le sentiment particulier de crainte éveillée chez la plupart des malades psychiatriques de culture occidentale à la survenue en cours de traitement d'éléments homosexuels (Freud, 1937-1938). Je crois que pour ces patients, le fait de se rendre compte de leur homosexualité constitue une menace pour leur identité sexuelle. Ceci s'avère vrai aussi bien pour le névrotique et le paranoïaque que pour certains types d'homosexuels, bien que leur façon respective de faire face au problème diffère. Seuls les patients de constitution bisexuelle et homosexuelle manifeste typique échappent apparemment à cette angoisse. Je vais donc tenter d'expliquer les raisons de ces différences.
Chez les névrotiques des deux sexes, nous constatons un fait curieux en même temps que particulièrement révélateur, au moment où pour la première fois l'homosexualité s'introduit dans le tableau clinique. Les patients réagissent alors avec un sentiment de crainte et, de façon générale, se comportent comme si je leur avais dit: vous êtes homosexuel ! Ils prétendent même, quelquefois, qu'effectivement je le leur ai dit; d'autres fois ils avouent qu'il s'agit là de leur propre conclusion. On peut de toute façon, même si ce n'est pas verbalement exprimé, le