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L'auteur insiste sur l'importance cruciale du « changement d'objet » dans l'évolution féminine. Après avoir rappelé les éléments du « triple changement » décrit par Freud, elle précise les conceptions des différents auteurs à propos de la succession et des modalités de ces différents changements. La confrontation de ces conceptions met en lumière un certain désaccord et un flou en ce qui concerne spécialement le rôle des pulsions masochiques qui accompagnent le changement d'objet d'amour.
Après une reprise rapide de l'évolution libidinale sous un angle génétique, elle insiste sur le fait clinique très important que, au début du mouvement œdipien, la petite fille dérive de sa mère vers son père un investissement amoureux où se mêlent des pulsions actives possessives et sadiques dont le but est de s'approprier le père et son pénis, et sur le fait que la position érotique réceptive féminine ne peut être atteinte qu'à l'aide d'un infléchissement des pulsions sadiques, réalisant le « mouvement masochique », l'angoisse trop grande en fonction de conflits prégénitaux restés actifs pouvant entraîner dans certains cas un arrêt de l'évolution, des régressions et l'organisation de mécanismes défensifs qui créent des tableaux cliniques variés.
En ce qui concerne le changement de zone érogène, l'auteur critique une simplification trop facile qui fait opposer l'investissement clitoridien à l'investissement vaginal, et insiste sur l'importance de l'érogénéité anale sous son aspect actif et sous son aspect passif, dans la constitution de ce qui deviendra l'érogénéité vaginale féminine.
Enfin, une des modifications les plus importantes qui s'opère au cours et à l'aide du changement d'objet concerne la résolution de la revendication du pénis. La fille évolue du désir de prendre au père son pénis, au désir de recevoir ce pénis. L'amour génital est devenu possible, l'homme étant conçu comme l'autre dissemblable et complémentaire.
L'auteur termine en insistant sur la fréquence chez la femme