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Dans cet article Joyce McDougall dégage certaines notions à partir de plusieurs cas cliniques, sur la relation interne de la femme homosexuelle aux imagos parentales, et sur le rôle que joue la relation homosexuelle dans l'équilibre psychique de ce type de patientes.
Dans l'introduction elle distingue la femme « virile » de la femme homosexuelle proprement dite. La première, souvent mariée et mère de famille,
se caractérise par son idéalisation de l'homme, et son désir d'être acceptée, par le monde masculin, comme un homme. Envers l'univers des femmes, auquel elle ne se sent pas identifiée, elle garde un sentiment profond de dévalorisation et de mépris. Elle conçoit la femme comme un être vide, captatif et castrateur.
Par contre, la femme homosexuelle, sujet central de cette étude, idéalise la femme et la féminité, univers d'où elle se sent exclue. Elle cherche constamment, comme pour compléter sa propre personne, des relations tendres, érotiques et durables, avec d'autres femmes.
Cette idéalisation cache de l'angoisse et de l'agressivité, toutes deux liées originellement à la mère. Les pulsions agressives sont en partie projetées par la suite, sur l'image paternelle, et ultérieurement sur tout le monde masculin. Derrière la relation quasi symbiotique que la femme homosexuelle cherche à établir avec une autre femme se trouve la peur de détruire son objet, ou bien d'être elle-même réduite à devenir un objet partiel, servant à rehausser le seul narcissisme maternel, incarné dans la partenaire sexuelle. Néanmoins, face à une perte éventuelle de cette relation, elle se trouve devant un néant terrifiant et une perte d'identité.
Le rôle du père est également approfondi, et la relation à l'image paternelle se révèle d'une importance aussi grande pour l'équilibre narcissique de la patiente que la relation maternelle pour ses relations objectales. L'homosexuelle s'identifie sur un mode dépressif au père et ne peut garder de lien intime avec lui que grâce à cette identification