You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Nous n'entendrons plus la voix de Michel Cenac tour à tour chantante ou gonflée dans ses orages de violence simulée.
Né à Argelès-Gazost, en pays bigourdan, le 28 juin 1891, il s'est éteint à Paris en ce début d'été 1965, au terme d'une pénible maladie courageusement et lucidement supportée.
Sa disparition plonge dans la peine ses compagnons de toujours et ceux qui, après avoir été ses élèves, se sont inscrits au fil des années dans le cercle de sa chaleureuse amitié.
Après des études suivies à Toulouse jusqu'à la fin de son P.C.B., il vint faire sa médecine à Paris. Celle-ci fut interrompue par la guerre d'où Michel Cenac revint titulaire de la Croix de Guerre et de la Légion d'honneur.
Reçu au Concours des Asiles de la Seine en 1921, il fut à Maison-Blanche l'interne de Leroy puis de Sérieux, à Villejuif celui de Trénel puis de Roques de Fursac avant de devenir à Sainte-Anne le chef de clinique de Claude.
Sa thèse, consacrée aux « langages créés par les aliénés » et soutenue en 1928, constitue la première marque d'un intérêt pour les problèmes du langage qui ne devait pas diminuer jusqu'aux dernières années de sa vie. Établissant une distinction très marquée entre les glossolalies vraies et les glossomanies, il disait des malades qu'ils « jouent avec les sons comme ils joueraient avec des rubans de couleur », voulant souligner par là les facteurs ludiques si importants à son sens dans la pathologie mentale du langage.
Attiré par les théories freudiennes et la psychanalyse, il entra en 1929 à la Société Psychanalytique de Paris, dont il fut membre jusqu'à son dernier jour.
Son désir de propager les idées qu'il estimait indispensables à une meilleure compréhension des malades lui faisait écrire dès 1934: Ce que tout médecin doit savoir de la psychanalyse.
Élargissant le domaine de ses travaux, il s'orienta ensuite vers la Criminologie, et fut nommé en 1940 Médecin expert de la Cour d'Appel