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Dans ce travail j'ai voulu faire le chemin que Freud recommande dans son texte sur Schreber (1) : la lecture de l'œuvre du Senats-président (2). C'était à la fois ne pas me limiter à ce « minimum d'interprétation » auquel Freud a voulu se tenir (p. 317), et mettre au service de cette étude les découvertes postérieures de Freud lui-même et leurs prolongements. Mon travail n'en restera pas moins partiel à son tour car l'œuvre du prestigieux malade est quasi-inépuisable.
Le premier chapitre riche en citations où Freud relate l'histoire de la maladie de Schreber, est familier au lecteur. Je m'attacherai à souligner les réflexions de Freud qui feront l'objet d'une élaboration à venir (A) et (B), et qui se trouvent consignées dans les chapitres : « Interprétations » et « Du mécanisme de la paranoïa ». Je tenterai ensuite de suivre au plus près la genèse de son délire, décrite par Schreber (C) puis d'établir la jonction entre cette récapitulation et la construction délirante (D). Cette démarche conduit à une thèse qui me semble sortir comme naturellement de ma lecture.
A) Freud constate chez les paranoïaques «… l'échec de la maîtrise d'une homosexualité inconsciemment accrue. Nous ne nous y attendions pas. L'étiologie sexuelle n'est justement pas du tout évidente dans la paranoïa… ». Cette phrase nous engage à situer précisément ce que Freud entend par « homosexualité inconsciemment accrue » en 1911, puisque depuis les trois Essais, c'est en termes de pulsions (orales, anales, génitales) articulées aux zones érogènes correspondantes qu'il