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« L'intérieur, en tant que tel, doit avoir un être extérieur et une figure, aussi bien que l'extérieur en tant que tel ; l'intérieur, en effet, est lui-même objet, ou il est lui-même posé comme étant et comme présent pour l'observation. »
« Je ne peux m'empêcher de reconnaître que, vu de l'extérieur, tout semble pareil à autrefois. Mais quant à savoir si une profonde modification interne n'a pas eu lieu, voilà ce dont il sera question plus loin. » C'est en ces mots que le Président Schreber lui-même nous introduit au mécanisme de la projection, laissant entendre qu'il existe un intérieur de l'extérieur, et que cet intérieur va le concerner.
Il est classique, depuis Freud, de définir la projection comme la perception dans le monde extérieur de « perceptions » ou de « sentiments » internes.
Une telle définition met en lumière deux sortes de mécanismes :
— le rejet à l'extérieur de sentiments internes ;
— l'attribution à l'extérieur, la perception à l'extérieur, de ce qui était intérieur : « Ce qui a été aboli au-dedans revient au-dehors. »
Dans la paranoïa, ce mécanisme se complique :
— par le retournement en son contraire du sentiment originel, j'aime, je n'aime pas, je hais : intérieur ; il me hait : extérieur.