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L'œuvre de Gaston Bouthoul (1) peut être considérée comme la tentative la plus sérieuse faite jusqu'à présent pour classifier les problèmes de la guerre selon un critère scientifique. Ses résultats peuvent être, sous certains aspects, utilement confrontés aux données de la recherche psychanalytique. Bouthoul se met à examiner les opinions et les théories émises sur la guerre, sa morphologie, ses aspects techniques, démographiques, économiques et psychologiques. En affrontant le dessein de dégager les lois dynamiques fondamentales du phénomène guerre, Bouthoul met en relief quelques obstacles à l'étude scientifique des guerres, qui peuvent être aussi reconnus par la psychanalyse. De tels obstacles sont : 1° La pseudo-évidence de la guerre, comprise comme fait notoire dont chacun croit connaître la cause ; 2° L'illusion que la guerre dépend entièrement de la volonté consciente des hommes. Pour Bouthoul, comme pour les psychanalystes, les mobiles conscients de la guerre ne retiendraient que des épiphénomènes ou des mobiles adjoints ou, pour le moins, accessoires. C'est-à-dire que les mobiles conscients empêcheraient d'atteindre la connaissance des tendances belliqueuses profondes et leur rapport avec certaines modifications de la structure de la société, qui se rapportent à la guerre ; 3° L'illusionnisme juridique. Par illusionnisme juridique, B. comprend un ensemble de rationalisations juridiques qui ont tenté, en tout temps, de théoriser la guerre en la légalisant. Dans l'évolution du droit international, nous trouvons aux débuts la conception théologique, selon laquelle le combat est conçu comme étant la projection terrestre d'une lutte de