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« Je fais ici mes petites acrobaties et je ne sais pas quand tombera votre intervention. » Tout patient en analyse serait justifié d'exprimer ainsi sa souffrance. A moins qu'au contraire il ne plane dans la béatitude que peut lui procurer la situation analytique. La cure l'enferme dans une alternative : y prendre son plaisir ou y trouver de quoi se faire souffrir. La béatitude éprouvée au cours des séances est toujours éphémère. Elle peut même ne point se manifester du tout pendant de très longues périodes. Or, selon toute apparence le patient persévère dans l'entreprise de son propre chef : il paraît y rechercher le déplaisir. Une telle recherche a nom masochisme. Le masochisme est une constante de l'analyse. L'analyse doit nous éclairer sur l'économie de la démarche et non point nous inciter à constater que le patient vient à l'analyse précisément parce qu'il est masochiste. Le narcissisme est l'autre constante de l'analyse : c'est dans l'expansion narcissique à la faveur de la régression topique dans la situation analytique que le patient y éprouve du plaisir (2).
Le narcissisme et le masochisme semblent être les plus sûrs soutiens de la cure et en même temps les plus sûrs obstacles à sa terminaison. Mais le véritable obstacle réside dans un défaut de reconnaissance de l'économie du masochisme. L'analyste, pour peu qu'il soit enclin à penser que celui qui persévère dans la recherche du déplaisir se conduit