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Alors que nul n'était allé si avant que lui dans l'exploration de l'affectivité et dans la révélation de sa prépondérance dans notre vie, Freud n'en déclare pas moins qu' « il est malaisé de traiter scientifiquement des sentiments » (2). Une fois décrites « leurs éventuelles manifestations physiologiques concomitantes, il ne reste, dit-il, qu'à s'en tenir au contenu des représentations les plus aptes à s'associer au sentiment en question ». Il avoue même que d'étudier certaines modifications obscures de l'âme — telles que la transe ou l'extase — de disserter sur de tels impondérables, lui cause un certain malaise et lui fait ressentir « le besoin de s'écrier avec le plongeur de Schiller :
Se réjouisse qui respire dans la rose lumière ! »
Le renoncement total au principe du plaisir, qu'il avait posé (un peu abusivement je crois) comme l'une des exigences premières de la recherche psychanalytique (3) lui semblerait-il donc trop pénible ici, au regard des résultats à en attendre ?
Toujours est-il qu'une telle réaction n'a pas réussi à détourner son regard perçant du ténébreux domaine des « affects et des émois » et, tout particulièrement, de l'amour. C'est que pour lui « il est incontestable que l'amour sexuel joue dans la vie un rôle immense… En dehors de quelques fanatiques toqués (ce sont ses propres termes), tous les êtres humains le savent et conforment leur vie à cette notion. Seule la science se fait encore scrupule de l'avouer » (4).