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Les sujets atteints de névrose de caractère se présentent chez le psychiatre et chez le psychanalyste d'une manière particulière. Alors que l'ensemble de leur personnalité est perturbé, ils n'ont aucune conscience de ces perturbations. Ils sont ennuyés d'être en conflit avec leur entourage ; la répétition de ces difficultés les a conduits à la notion vague que quelque chose ne va pas mais ils ne se sentent pas malades et sont prêts à reculer dès que leur comportement est mis en question. Ils n'acceptent d'être traités qu'avec beaucoup de réserve — et beaucoup d'entre eux collaborent mal à la cure — se refusant à exprimer à haute voix leur pensée et multipliant les passages à l'acte.
Après que Freud et Abraham eurent montré qu'à côté des névroses symptomatiques existaient des organisations névrotiques de la personnalité, des traits de comportements ayant la même fonction que les symptômes, après que Glover ait précisé la nature projective du caractère névrotique et que Reich eût donné quelques idées sur le maniement des défenses du caractère, ce fut Anna Freud qui décrivit ces comportements défensifs tant chez l'enfant que chez l'adulte.
Depuis ces années qui s'étendirent de 1920 à 1930, il appartint sans doute aux psychanalystes d'enfants de montrer comment en présence de troubles du comportement il convenait de saisir la portée des interactions complexes au sein de la famille. Dans le conflit parents-enfants qui conduit à la consultation, ni les uns ni les autres n'ont réellement conscience de la nature exacte de leur anxiété ni des, défenses caractérielles qu'ils développent pour s'en protéger. Pour prendre l'exemple le plus banal dans les consultations de psychiatrie infantile, il est fréquent de recevoir des mères qui viennent se plaindre des difficultés de caractère de leurs enfants, mais qui se trouvent tout à fait