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Certains d'entre vous se demanderont peut-être si le titre donné au thème général de nos travaux de ces jours-ci indique l'intention d'établir une séparation — voire une opposition — entre la névrose et le caractère, ou au contraire de déterminer les rapports qui les lient.
Il me semble à première vue difficile de les séparer : la névrose porte
la marque du caractère, de même que le caractère contient à l'état virtuel les germes de ce qui peut devenir névrose. Dans ce qu'ils ont d'essentiel, les mêmes processus président à leur formation, le caractère pathologique apparaissant d'ailleurs comme l'accentuation excessive de certains traits du caractère normal, et la névrose comme l'exagération morbide de ce même caractère.
Claude Bernard a écrit que « les lois de la maladie ne sont pas foncièrement différentes de celles de la santé ». Nous dirons, dans la même ligne, que ce qui détermine le caractère détermine aussi la névrose quand les conditions déterminantes atteignent un certain degré au-delà duquel elles deviennent pathogènes. Le processus apparaît donc comme foncièrement le même.
Étymologiquement, caractère signifie « ce qui imprime », et ce sens premier trouve son application immédiate dans les termes « caractères d'imprimerie », par exemple. Mais ici nous voyons justement que le caractère d'imprimerie, pour qu'il puisse imprimer, a lui-même d'abord été modelé : il reçoit de l'extérieur le relief qui lui permettra ensuite d'imprimer. Il en va de même du caractère de l'homme : il imprime sa marque sur ce qui l'entoure, mais lui-même a été modelé, déterminé par le milieu extérieur. La manière d'être et d'agir, la personnalité — en un mot le caractère — constitue une réponse aux conditions qui l'ont déterminé.
Cette intrication du déterminant et du déterminé, cette influence réciproque parfois difficile à saisir, me semble avoir été par