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Le premier problème qui se pose au sujet de ce qu'il est convenu d'appeler névroses de caractère ou caractères névrotiques, ensembles encore mal définis, c'est celui de leur grand développement dans la clinique contemporaine qui semble peu à peu échapper à la nosographie classique.
Pourquoi nos malades nous apportent-ils maintenant une symptomatologie ambiguë, une mosaïque de troubles qui associent les traits caractériels et les aspects névrotiques ? Tout cela semble nous éloigner des schèmes freudiens classiques : névroses obsessionnelles, hystéries d'angoisse, névroses d'angoisse…
Cet abâtardissement des symptômes semble lié à ce fait que l'organisation du Moi dans le cadre des investissements et des défenses subit la pression du milieu social et de l'évolution des mœurs qui gauchit et transforme en profondeur les relations objectales. Peut-être faut-il voir là le reflet du fléchissement du type familial patriarcal au profit d'aspects matriarcaux qui mettent très en valeur les premières relations de la vie et amènent vraisemblablement à des formes régressives particulières se traduisant en dispositions caractérielles. A la période actuelle, en effet, des statuts familiaux très différents se rencontrent allant des formes traditionnelles aux formes anarchiques. L'émancipation féminine, la levée des vieux interdits ont modifié les aspects liés à l'évolution de la bisexualité originelle. D'autre part, les problèmes du monde actuel « d'angoisse nucléaire », de crainte de destruction ou de mort collective semblent avoir peu à peu pénétré l'inconscient et perturbé l'organisation du Moi en renforçant l'insécurité. De même, la dispersion et la complication croissantes de la vie actuelle ont joué un très grand rôle. Quoi qu'il en soit, l'analyse des défenses de caractère telle que l'a envisagée Reich, paraît tout à fait d'actualité dans les modes thérapeutiques présents.
Par ailleurs, si nous reprenons les mouvements d'idées de la psychiatrie traditionnelle concernant les raci