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Il faut être reconnaissant à Barande d'avoir su nous donner avec tant de soin et de subtilité les diverses nuances de sens qu'a pu prendre le mot régression au cours de l'œuvre de Freud.
Il nous a ainsi fait relire Freud une fois de plus et confronter le texte, son interprétation, et la nôtre. En somme, après avoir lui-même très sérieusement réfléchi, il nous a fait réfléchir à notre tour et nous devons lui en savoir gré. Je veux donc vous soumettre le produit de ma réflexion. Mais avant d'examiner le contenu de cet important travail, je voudrais faire une remarque préalable. Très partisan d'une intime et constante fréquentation de l'œuvre freudienne, je me réjouis — et qui ne s'en rejouirait ? — de la vogue actuelle de l'exégèse, mais à ce sujet je me pose, je vous pose, une question qui n'est pas, me semble-t-il, un repentir par rapport à mes positions antérieures : N'y-a-t-il pas une distance optima pour examiner un texte ? Si les inconvénients de la lecture en diagonale sont trop évidents, la lecture à la loupe à trop fort grossissement est-elle sans risque ? A scruter un texte de trop près, à le prendre au mot, à la lettre dans les plus infimes détails ne risque-t-on pas de faire éclater, comme on dit, les microstructures du discours, d'intercaler entre les articulations naturelles de la pensée des coupures artificielles ? Est-ce que les grandes lignes n'en sont pas brouillées, les reliefs émoussés, les contrastes amortis, est-ce que l'essentiel n'est pas ainsi, aligné sur le secondaire, et finalement estompé ?
En effet que reste-t-il de la régression freudienne après l'analyse minutieuse et impitoyable de Barande ? Qu'elle est une « disposition structurale du psychisme » à valeur énergétique positive.