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Le concept de régression, comme celui de fixation, risque de gêner ceux qui veulent ne voir dans les hypothèses évolutionnistes de Freud que le reflet caduc d'un scientisme dépassé. La passion, parfois aveugle, soulevée par les travaux de l'école de Anna Freud et par ceux d'Hartmann, Kris et Loewenstein, de Spitz et de tous ceux qui se sont intéressés au point de vue du développement, a conduit les partisans d'un néo-structuralisme fondé sur un modèle linguistique à ne s'intéresser qu'à une certaine synchronie — l'étude de la diachronie ne subsistant que pour mémoire, peut-être pour ne pas déparer l'édifice saussurien — et en tout cas portant plus volontiers sur les origines ancestrales que sur l'histoire individuelle.
Certes, personne aujourd'hui ne confond évolution et une certaine histoire anecdotique, telle qu'une observation directe naïve pourrait la reconstituer. Après avoir fait l'hypothèse que l'hystérique souffrait de réminiscences, que le conflit initial était la séquelle d'un traumatisme réalisé par une agression sexuelle dont le souvenir oublié était pourtant agissant, Freud découvrit que les souvenirs et les fantasmes inconscients étaient le produit d'une élaboration complexe, déterminé par le conflit fondamental des instincts (et la contradiction entre libido et instincts du Moi lui parut bientôt insuffisante, ce qui l'amena à considérer les pulsions destructives comme seules antagonistes primitifs de l'Éros). L'histoire vécue, telle qu'elle apparaît dans l'analyse, est une organisation des souvenirs en fonction des affects liés aux investissements et au jeu des processus primaires et secondaires, et n'a qu'une relation très