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Le livre de M. Balint sur L'amour primaire et la technique psychanalytique (1) comprend une série d'études antérieurement présentées en communications
lors de divers congrès et réunies maintenant sous forme des trois parties constitutives du volume. La première partie, qui intègre le célèbre travail de sa femme Alice: Amour pour la mère et amour de la mère, reçoit pour sous-titre « Les instincts et les relations d'objet »; la seconde celui de « Problèmes techniques »; la troisième enfin s'intitule « Problèmes de formation » (training). L'ensemble forme un tout remarquablement cohérent, et bien que ses éléments consistent en recherches échelonnées de 1930 à 1961, donne une impression d'unité temporelle parfaite et comme préméditée…
Ceci énoncé, que dire de plus de l'ouvrage? Faut-il l'examiner en ce qu'il présente une théorisation, parmi d'autres mais marquée d'un sceau très personnel, du matériel psychanalytique? Faut-il le considérer sous l'angle où M. Balint le place éventuellement, malicieusement mais non sans insight, comme un indice de son transfert positif non résolu envers son modèle, pour ne pas dire son idole, Sandor Ferenczi? Certes. Mais si cela peut expliquer que l'on trouve cette œuvre vivante, et même belle, cela peut-il expliquer alors qu'on se sent, ici et là, en désaccord absolu avec ce qu'avance l'auteur, qu'on trouve cependant sa démarche passionnante et, plus, nécessaire? Balint est-il sorcier? est-il artiste? Oui encore. Son style, d'une rare élégance, est celui d'une simplicité sans simplisme. Mais là n'est pas, croyons-nous, le secret.
La clé de l'ouvrage, de son intérêt, c'est que rien de ce qu'avance Balint n'a de source ailleurs que dans une référence perpétuelle, précise, à tel ou tel aspect