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Du recueil des communications et discussions qui émaillèrent ces journées, les techniciens de la musique surtout aimeront à prendre connaissance mais aussi tous ceux qui, amis de la musique, éprouvent un intérêt plus particulier pour Debussy: révolution permanente (J. Sauguet)? tradition permanente (Roland Manuel)?, Debussy a, pour le moins, bouleversé l'esthétique musicale du xxe siècle. Mais ce sont les études moins techniques, la poétique musicale de Debussy, les rapports de l'artiste avec la peinture, et bien sûr quelques aspects de sa psychologie (son angoisse à « réaliser » ce qu'il a conçu), qui éveilleront davantage notre intérêt de psychanalyste.
Au sens très large où elles nous permettent de mieux situer le musicien au-delà de son expression habituelle dans le cadre du mouvement psychologique de son temps dont son talent a si bien su se faire le juste écho sans rien perdre de sa spécificité: puisant aux sources du symbolisme (Mallarmé, Prélude à l'après-midi d'un faune; Maeterlinck, Pelléas et Mélisande), marqué par la peinture dont il se sentait très proche non pas tant celle des Impressionnistes dont pour certains on l'a trop hâtivement rapproché que de leurs successeurs, Odilon Redon entre autres, il partage le goût « proustien » de son époque pour saisir l'instant dans la durée, s'y attarder en épuisant toute la gamme des sensations qui lui donnent sa consistance, jouir de cette poussière miroitante où s'ébat l'esthète grise jusqu'à l'épuisement. A l'écoute de la nature, de ses bruissements les plus tenus dont s'imprègnent nos émotions en éveil, il se plaît aussi à se laisser porter sur les ailes du rêve, le rêve dont à la même époque Freud tentait de défricher la voie au sein de notre psychisme. Pourtant Debussy, lui, se refusera à « froidement tuer le mystère » car c'est à une communion intime où hommes, bêtes et plantes se livrent sans contrainte aux flots d'où sourdent les plus subtils mouvements de l'âme qu'il nous invite, tant le génie sait nous l