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L'auteur nous fait assister à l'histoire tragique et douloureuse d'une jeune fille qui s'enfonce peu à peu dans l'angoisse. Les traitements du psychiatre, le Dr Linaus, sont sans effet sur cet inexorable enlisement. Un personnage bien ambigu ce Dr Linaus! Il croit comprendre sa malade, pourtant ce qui nous frappe c'est qu'il est toujours « à côté ». Il ne trouve jamais le contact avec
elle. A bout de ressources, il lui propose une lobotomie. La jeune fille est bouleversée, mais cette peur devant la réalité lui a peut-être donné l'énergie de chercher une autre issue, elle trouve un psychanalyste (ou un ami?) qui lui aide à affronter son angoisse et à émerger peu à peu de l'abîme où elle s'enfonçait.
Le récit de ce que l'auteur nous présente comme une psychanalyse n'a rien à voir avec une cure classique, il ne s'agit pas sans doute là d'une autobiographie mais d'une œuvre littéraire, il est permis de supposer que l'auteur a utilisé les connaissances qu'elle a pu avoir de l'analyse, soit personnellement, soit par des confidences de sujets analysés, à partir de ces éléments, elle a pu faire une recréation.
J'ai rendu compte de ce livre en commençant par la seconde partie, car il débute par le récit de la cure psychanalytique, ensuite on revient dans le passé, pour assister aux démêlés de la malade avec « son » psychiatre. Il semble que cette œuvre aurait gagné à ce que les deux parties soient inversées, en tout cas l'auteur montre de grandes qualités de romancière, on se sent d'emblée avec l'héroïne, on participe à toute son histoire, toutefois ce n'est pas tant sur le plan littéraire que je voudrais juger cette œuvre que sur le plan humain. C'est un témoignage émouvant, qui fait sentir toute l'importance du contre-transfert, du contact à établir avec le patient, et qui pourrait illustrer la thèse de S. Nacht affirmant que l'essentiel dans le personnage de l'analyste c'est moins ce qu'il fait que ce qu'il est.
A. Clancier.