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Le rapport que nous avons l'honneur de soumettre à votre argumentation vous a été remis il y a plusieurs semaines. Eu égard donc aux critiques et aux discussions qu'il pourrait susciter, aussi bien qu'aux lacunes qui s'y trouvent, les dés sont en quelque sorte jetés. Aussi bien, notre intention n'est-elle pas aujourd'hui de vous en présenter un résumé, ni d'en amender les insuffisances, les limites mêmes de notre travail nous ayant conduit à négliger certains aspects de la théorie psychanalytique. Nous attendons de la discussion qui va suivre la possibilité de connaître vos positions qui nous permettront de corriger certains de nos points de vue.
Nous voudrions maintenant vous dire que si nous avons entrepris ce travail c'est que le thème central nous en a semblé se situer au cœur des discussions qui animent depuis de longues années nos Congrès de Langues romanes.
Depuis la guerre, les rapports qui ont été présentés, comme les discussions mêmes de ces rapports, témoignent de l'intérêt des psychanalystes de langue française pour les problèmes traitant de la genèse et de l'organisation des fonctions psychiques. L'énumération de tous ces rapports serait ici utile en raison de ce que chacun d'eux a apporté de contribution enrichissante à la compréhension de ces problèmes.
C'est un fait que, depuis la deuxième guerre mondiale, en France mais aussi dans les cercles psychanalytiques de langue anglaise, les psychanalystes se préoccupent de limiter le champ de leur praxis, c'est-à-dire d'en mettre en relief toute l'originalité spécifique; mais ils ne peuvent oublier que la théorie psychanalytique a marqué de façon décisive la psychiatrie et la psychologie, ce qui nous conduit à ne pas refuser le dialogue avec ceux qui, venant de disciplines voisines, sont avides de connaître notre point de vue. L'originalité même de la psychanalyse ne rend pas toujours ce dialogue aisé et on se trouve souvent