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L'exposé limpide de Lœwenstein, contient en particulier certains développements relatifs au « Moi autonome ». Rares sont les travaux psychanalytiques des vingt dernières années qui ne mentionnent, au moins en passant, cette théorie d'abord énoncée par Hartmann qui la développa ensuite avec l'étroite collaboration de Kris et de Lœwenstein.
Je lui ai, pour ma part, été longtemps réfractaire je l'avoue, l'ayant peut-être mal comprise.
Cependant, peu à peu ce Moi autonome a commencé à prendre vie et signification pour moi, et je me suis rendu à l'évidence qu'il existe en effet des fonctions du Moi « appelées autonomes », nous dit Lœwenstein « parce qu'elles sont indépendantes des pulsions instinctuelles et des conflits y relatifs, et se développent indépendamment des influences du « Ça » ainsi que de celles du milieu ».
Nous savons que pour Freud le Moi n'était qu'une partie du Ça modifiée par le contact avec la réalité, le milieu extérieur. C'est chez lui une théorie de base dirons-nous, et tous les conflits psychiques concernent uniquement ce Moi-là. Cependant, après avoir clairement tracé la structure de cette théorie, Freud, comme à regret et en passant, a admis l'existence de rudiments innés du Moi — innés, donc ne devant rien à la réalité extérieure, au milieu qui entoure et fait vivre l'enfant.
Ce sont ces « rudiments innés » qui seraient, selon Hartmann, Kris et Lœwenstein, à l'origine du Moi autonome, lequel détient entre autres certaines aptitudes innées permettant au sujet d'acquérir très tôt les moyens nécessaires à l'apprentissage des activités pragmatiques. J'attribuerais volontiers pour ma part ces aptitudes innées aux