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Morgenthaler et Parin ont été trop réservés au moment de mettre en relief l'originalité de leur expérience. Leur parti de recourir à un abord individuel, exclusif de tout faux-fuyant culturel, n'aurait pas été possible sans une véritable ascèse méthodique, transplantée de la psychanalyse. D'autre part, cette attitude aurait été moins légitime s'ils n'avaient acquis au préalable toute l'information possible sur la culture Dogon. Et cette information est vaste puisque ce peuple a été l'objet, vous le savez, d'une étude particulièrement riche et intensive.
Mais l'intérêt de la méthode adoptée ressort également sur le fond des tentatives traditionnelles en ethnologie psychanalytique. Sans parler des culturalistes proprement dits, un Roheim étudiait tout de même l'individu à travers ses attitudes mythico-rituelles. Quant aux approches plus récentes en ethnopsychologie individuelle, elles consistent généralement en autobiographies ou en relations cliniques de psychothérapies, souvent pratiquées, en outre, en milieu culturel résiduel ou abâtardi. De sorte que Parin et Morgenthaler sont probablement les premiers à avoir procédé comme ils l'ont fait.
Leur travail vient à son heure. Le mouvement de l'ethnologie la porte de plus en plus vers une démarche herméneutique (c'est-à-dire, à buter sur la nécessité d'interpréter pour avancer) et autocritique (par mise en cause de la subjectivité de l'observateur). Parallèlement le point de vue ethnologique se limite de moins en moins aux sociétés exotiques ou archaïques, pour s'étendre à toute sociologie différentielle — y compris celle de l'opérateur. Les observations de Dogons au moyen de l'association libre constituent un fonds dont il faut souhaiter l'exploitation par des chercheurs d'horizons variés, afin de produire le débat qu'elles méritent.
On est en droit d'en attendre, en particulier, une classification des