You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
L'objet de cette étude est le fantasme que la possession d'une identité est une véritable outrecuidance qui, automatiquement, incite les autres à anéantir non seulement cette identité, mais l'existence même du présomptueux — en général par un acte de cannibalisme, ce qui transforme le sujet en objet. Les patients les plus gravement atteints cherchent à se protéger contre ce risque, en renonçant à toute véritable identité ; ceux qui sont moins atteints se constituent une fausse identité. Ces deux manœuvres représentent l'essence même du désordre psychique et constituent, dans la situation psychanalytique, la base de toute résistance, puisque le but des résistances est précisément d'empêcher la découverte de la véritable identité du patient. S'il en était autrement, l'analyse des résistances n'aurait aucune utilité thérapeutique. Ceci implique que la distinction qu'on fait parfois entre l'analyse du contenu (content-analysis) et l'analyse des résistances [42] (2) est illusoire : toute analyse d'une résistance est, en même temps, une analyse tant de l'inconscient (« contenu ») que du caractère.
En envisageant les faits de cette manière, nous établissons une unité parfaite entre la maladie et la résistance. Nous voyons donc la résistance non pas comme un produit inévitable et cependant fortuit de la situation psychanalytique, mais comme la suprême manifestation de la névrose ou de la psychose, bien plus authentique que les symptômes dont le patient nous demande de le guérir. C'est même cette position focale de la résistance dans le psychisme du patient qui explique pourquoi l'analyse est capable de guérir : au cours de l'analyse, même les anciens symptômes du patient acquièrent la qualité de résistances, et fonctionnent comme telles. Ceci justifie, à mon avis, l'analyse des symptômes et même des comportements en tant que résistances à l'analyse.