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Trois problèmes parmi d'autres me semblent devoir être discutés :
I. — Le problème sémantique.
Que signifie le mot investissement ?
Revêtir de… d'un pouvoir, d'une autorité, d'une dignité. D'une valeur positive par conséquent, mais aussi d'une valeur négative (la haine, par exemple selon Littré). Soulignons que ces valeurs conférées enveloppent l'objet mais lui restent extérieures, cela peut être aussi bien les reliques qui couvrent l'âne de la fable que le manteau de la grâce des théologiens protestants.
En langage militaire. Entourer de troupes une ville, une place forte, la cerner, avant de l'envahir et de lui faire violence.
En langage financier. Prêter des biens de valeur abstraite et de signification prégénitale (anale) dans l'espoir de les récupérer accrus.
Alors que le terme allemand a un sens nettement différent, celui d' « occuper un lieu », le sens habituel du mot en français semble avoir permis à certains d'entre nous d'oublier que l'investissement apporte quelque chose à l'objet, le change ; que, par exemple, il permet « la réintrication des pulsions désintriquées de celui-ci » (Freud) et que, par conséquent, le seul bien que l'on puisse faire à l'objet n'est pas de le frustrer.
II. — Un autre problème à débattre au sujet de l'investissement me semble être celui du point de vue économique. Un investissement ne se conçoit pas autrement que comme vecteur d'une charge. Ch. David vient de nous dire, en termes excellents, que ce point de vue ne peut être éludé.
On ne doit pas en effet minimiser l'investissement en le réduisant à une façon de parler, à une métaphore, car il n'est pas qu'un signifiant. C'est un signifié et qui ne peut être exprimé justement que par des signifiants (des métaphores) d'ordre matériel ; cela demande réflexion. Pourquoi Freud n'a-t-il pu se passer de métaphores empruntées à la mécanique des fluides ? Et pourquoi ceux qui s'en passent, non sans