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Dans la collection « Science de l'Homme », dirigée par le Dr G. Mendel, aux Éditions Payot, Paris, vient de paraître un ouvrage de Paul Parin, Fritz Morgenthaler et Goldy Parin-Matthey, qui a pour titre : Les blancs pensent trop (13 entretiens psychanalytiques avec les Dogon).
Dans l'espoir de mieux comprendre les Africains et par une méthode différente de l'approche habituelle, les auteurs ont, durant plusieurs mois de l'année 1960, fait subir une tranche de psychanalyse à 13 noirs habitant les villages dogons d'Afrique occidentale et ont soumis cent sujets à des tests de Rorschach.
Ce livre bouleverse ainsi les procédés de l'ethnologie traditionnelle. La méthode psychanalytique peut être appliquée aussi bien à des malades mentaux qu'à des bien portants, et utilisée ainsi à l'étude d'une société africaine, elle donne des résultats satisfaisants. Il est souvent possible de connaître en quelques semaines la vie intérieure d'un homme, grâce à des entretiens quotidiens d'une heure, effectués selon la technique analytique. L'interprétation qu'un homme donne des taches de couleur des dix tableaux du test de Rorschach permet, si l'on opère dans toutes les règles de l'art, de discerner chez lui certains traits de sa personnalité, qui n'apparaîtraient sinon qu'après un long contact et une observation très approfondie.
Par leur liberté et leur spontanéité, ces entretiens permettent de pénétrer jusqu'aux motivations les plus profondes du comportement de l'individu dans sa société — et de mieux comprendre le problème de la rencontre de deux cultures différentes.
Le caractère harmonieux de la culture Dogon se reflète dans les paroles de l'un d'entre eux : « Ici, tout le monde est content. On est content des choses comme elles sont… Quand on peut travailler et moissonner, on a assez à manger. Alors il y a les fêtes, et on va dans d'autres villages. Là, il y a à boire, on parle longuement avec tout le monde et puis on retourne chez soi… Les blancs pensent trop, et ils font beaucoup d