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Conrad (Stanley W.). — Les fantasmes et leurs fonctions (On phantasies and their functions).
Après avoir rappelé comment Freud arriva à découvrir l'importance des fantasmes dans les soi-disant souvenirs de traumatismes sexuels de l'enfance
de ses patients, et combien il est parfois difficile de distinguer entre fantasme et souvenir, l'auteur entreprend de démontrer l'existence de fantasmes inconscients. Démonstration peu convaincante, comme toujours lorsqu'il s'agit de prouver qu'une seule hypothèse est capable d'expliquer certains faits, à l'exclusion de toute autre.
Les fantasmes, même inconscients, sont organisés, et doivent donc être considérés comme une production du Moi (puisqu'une structure psychique est définie d'après ses fonctions) et non du Ça, chaotique et inorganisé.
Le fantasme prend sa matière dans les éléments perçus du monde extérieur, mais peut-être aussi dans certaines données organo-physiologiques (ainsi le fantasme mythique du rocher source de vie peut avoir une relation avec la dureté du pénis en érection). Mais Freud pensait qu'il existe des « fantasmes originels » hérités phylogénétiquement : ainsi les images de scène primitive, de castration, de séjour dans le ventre maternel et la fantaisie du roman familial. A cette liste des fantasmes innés, les travaux modernes ont ajouté : les fantasmes œdipiens, ceux de la femme castratrice, de l'immortalité, de la fécondation magique, de la rédemption, du mariage mystique, de la flagellation.
Les fonctions des fantasmes sont multiples. Tout d'abord, sous forme de rêverie diurne, le fantasme constitue la réalisation d'un désir, la fuite vers le fonctionnement selon le principe de plaisir ; hors du principe de réalité.
Le souvenir fantasmé itératif d'expériences pénibles anciennes sert à assimiler et à neutraliser partiellement le déplaisir lié à des expériences nouvelles similaires.
Les fantasmes collectifs que sont les mythes rendent intelligibles (d'une certaine manière) donc moins angoissants, le monde