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L'ouvrage de Mucchielli qui porte en sous-titre : Genèse et développement de la socialisation et de la dissocialité, est centré sur la recherche des causes d'une « sociopathie », ou maladie de la socialisation, qui serait à l'origine du comportement délinquant.
Dans la première partie de son livre, après avoir précisé les exigences de la vie sociale et insisté sur le fait que la société est le résultat « d'une confiance liée à une organisation qui transcende chacun de nous », montré que l'être social est le fruit d'un engagement, d'une dépense continuelle d'énergie pour rester intégré et maintenir son rôle social, l'auteur fait une longue description des dissociaux et précise leur spécificité.
Il aborde ensuite l'étude de l'univers des délinquants et de leur psychologie. Le délinquant ne peut être compris à partir des normes morales et des critères de la société normale, pas plus qu'il ne peut être jugé à partir des systèmes de références utilisés pour les malades mentaux.
« Le délinquant vrai a des conduites qui sont cohérentes à partir d'un schème comportemental profond modelant tous les traits observables. » Cette « matrice de la dissocialité » est faite d'un certain nombre de traits psychologiques qui sont spécifiques de la personnalité délinquante : refus de la société, de ses normes, de ses valeurs, et de la participation sociale ; puissance d'adaptation au réel et force du Moi ; intolérance à la frustration associée à des besoins forts ; agressivité-affirmation de soi et hypogénitalité ; absence de sentiment de culpabilitélégitimation de l'action ; égocentrisme éthique comme système de valeurs.
Mucchielli critique vivement les concepts psychanalytiques d'immaturité et de faiblesse du Moi des délinquants, et celle de culpabilité ou d'angoisse soustendant les comportements asociaux et agressifs.
Il élimine dans un bref chapitre les faux délinquants, opposant formellement les délits de malades mentaux à ceux des délinquants vrais qui pour lui ne présentent aucune alt