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Le cas si finement observé et rapporté ici par Samuel Ritvo confirme l'obser-vation classique bien connue en clinique psychiatrique : la névrose obsessionnelle est précédée de plus ou moins loin par une névrose phobique. Les mécanismes de défense phobique cèdent ensuite le pas au système de défense obsessionnel. On n'observe guère, toutefois, de névrose phobique sans quelque coloration obsessionnelle, et encore moins de névrose obsessionnelle sans éléments phobiques. Elles sont, comme on le voit, étroitement liées.
Elles diffèrent cependant sur de nombreux points, et en particulier sur le fait que les mécanismes de défense obsessionnels semblent être assumés par un « Moi » dont les fonctions sont plus évoluées que chez le phobique. L'obsédé se défend essentiellement par un système de pensées exprimées dans ses obsessions. Sa protection contre la peur, par exemple, est assumée par le doute obsessionnel, qui s'empare de sa pensée. Chez lui — comme chez le phobique —le facteur qui déclenche ces réactions est toujours le même : la peur des pulsions tant libidinales qu'agressives.
Le phobique, lui, se défend plus particulièrement par l'inhibition, motrice. Il exprime ses craintes en clair : « J'ai peur de tuer quelqu'un en conduisant ma voiture », dit-il par exemple, ou bien : « J'ai peur de tuer si je touche à un couteau. » De même, la femme qui refuse de sortir seule dans la rue dira qu'elle a peur de se faire accoster par un homme. On voit que le moyen de se protéger contre ces craintes diverses est près de leurs sources, il est direct et réalisé par l'inhibition motrice : celui qui a peur d'écraser quelqu'un ne conduira jamais sa voiture tant qu'il restera phobique, et la femme qui redoute une agression sexuelle (agression sans doute inconsciemment attendue), se refusera à sortir seule de chez elle.
La citadelle défensive dans laquelle l'obsédé se réfugie est souvent si solidement construite qu'elle semble sans fissure et inexpugnable, surtout si on l'attaque de front.