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Dans son rapport, le Dr Ritvo traite essentiellement de l'affirmation d'Anna Freud relative à la nécessité de mieux comprendre le passage de la névrose phobique, avec ses formes d'expression corporelles, à la névrose obsessionnelle où prédominent les symptômes mentaux.
Ritvo postule que les raisons pour lesquelles la névrose infantile phobique de Frankie a revêtu à l'âge adulte, une forme obsessionnelle sont : les modifications normales liées au développement ; une meilleure préhension de la réalité ; l'accession à la pensée abstraite et logique. Cette assertion peut sembler paradoxale à certains s'ils l'abordent à la lumière des concepts classiques ; les symptômes phobiques y sont généralement situés à un stade d'évolution plus avancée que les symptômes obsessionnels qui se caractérisent par la régression et l'ambivalence. Or, du point de vue de Ritvo, les mécanismes obsessionnels apparaissent, dans ce cas particulier, comme le résultat d'un progrès plutôt que d'une régression.
Si l'hypothèse de Ritvo est celle que je lui prête, je la crois parfaitement exacte.
Les bases sur lesquelles j'appuie ma conviction sont toutefois différentes des siennes et c'est mon point de vue que je vais essayer d'exposer ici.
Presque tout analyste d'enfants et la plupart des analystes d'adultes, connaissent bien l'importance et la fréquence des symptômes phobiques comme moyen, pour le petit enfant d'exprimer son angoisse. Les phobies d'animaux ou d'objets spécifiques, ou encore de certains aspects de la réalité extérieure, sont fondées en premier lieu sur la projection d'un Surmoi redouté. Selon M. Klein (1946) cette crainte en recouvre d'autres plus archaïques. Les phobies ne surgissent pas uniquement de l'angoisse d'être châtré par une imago extérieure (l'homme dans l'ascenseur ou le père-loup caché sous le lit de Frankie) mais aussi, comme l'ont souligné les deux analystes de Frankie, de la crainte devant ses propres pulsions destructrices.
Je crois utile de tracer un parallèle entre la