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Un des principes essentiels de la psychanalyse, peut-être même le plus essentiel, est celui de la pluralité des facteurs déterminants. L'importance de ce principe est aussi grande en psychanalyse qu'en toute autre discipline scientifique ; peut-être l'est-elle encore davantage, vu la complexité des données de notre science. Les psychanalystes cependant présupposent l'existence de ce principe au point de souvent négliger son importance, par mégarde. Contraints par les exigences de nos tentatives thérapeutiques journalières ou par notre désir de mettre un peu d'ordre dans la complexité de nos observations, nous essayons à tort d'extraire une seule cause ou un nombre restreint de causes pour expliquer tout fait, tout phénomène.
Freud, pleinement conscient de la causalité multiple de phénomènes, ne cessa de souligner le principe de la surdétermination dans des contextes divers (Ramzy, 1963) ; il s'attacha aussi à montrer son rôle essentiel dans la formation de la personnalité humaine. C'est ce qu'il exprima en langage clinique, dans les mots désormais célèbres sur l'étiologie de la névrose : à son avis, les patients s'ordonnent en une série où à une extrémité
« … se situent les gens qui, à cause du développement anormal de leur libido, seraient tombés malades quoi qu'il fût advenu, quelles qu'aient été leurs expériences, si clémente que la vie eût été à leur égard. A l'autre extrémité se situent les cas opposés. Ils auraient certainement échappé à la maladie si la vie ne leur avait pas infligé telle ou telle épreuve » (Freud, 1918).
D'autre part, si avertis que nous soyons de la surdétermination, les innombrables découvertes accumulées au cours des soixante ou soixantedix