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L'extension du champ de la psychanalyse, au cours des vingt dernières années nous a permis d'acquérir quelque intelligence de la structure psychique d'un vaste groupe de patients, connue en psychiatrie clinique sous le terme plutôt vague de schizophrénie « borderline » et plus récemment, « pseudonévrotique ». Personnellement je préfère les appeler « psychotiques latents » pour des raisons qui apparaîtront au cours de cet exposé. Plusieurs d'entre eux présentent une symptomatologie de nature obsessionnelle-compulsive qui parfois se dissipe sous le coup de l'analyse, dévoilant ainsi le noyau psychotique qui s'y cachait.
L'expérience clinique montre que l'irruption du noyau psychotique peut se produire indépendamment de la psychanalyse, sous le coup de divers facteurs psychologiques et biologiques. La comparaison d'obser-vations faites en psychanalyse sur quelques-uns de ces patients permet de tirer certaines conclusions et formulations générales. J'essaierai de les exposer ici et de les illustrer avec quelques observations cliniques.
Dans cette structure de la personnalité, l'organisation du Moi infantile garde sa forme archaïque originelle, à quelques modifications près. Des caractéristiques spécifiques de cette structure du Moi entraînent des mécanismes de défense et des modes de réaction particuliers qui, justement, apparaissent dans la symptomatologie de ces patients. Lorsque les mécanismes de défense ne peuvent pas remplir leur fonction, les modes de réactions originelles et secondaires se font jour et se manifestent sous forme de passage à l'acte compulsif, par exemple, les déviations psychotiques.