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Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Lorsque le choix du bureau s'est porté sur Lausanne comme lieu du Congrès actuel, nous nous sommes sentis très flattés et honorés. Par ce « nous », j'entends notre groupe lausannois de psychanalystes ; je dis « nous » également en tant que directeur de la Clinique psychiatrique universitaire et membre de notre Faculté de Médecine. C'est bien au nom de ces trois instances que je vous souhaite très chaleureusement la bienvenue à Lausanne. Dans cette juxtaposition se reflète d'ailleurs une situation particulière, qui mérite d'être relevée ici. Alors qu'à d'autres endroits des barrières existent encore entre la psychiatrie officielle et la psychanalyse, barrières qui sont parfois douloureusement ressenties comme des obstacles insurmontables de part et d'autre, nous sommes parvenus à les éliminer en grande partie dans ce canton. Preuve en est que les responsables des institutions psychiatriques principales du canton de Vaud sont des psychanalystes ; mais preuve en est aussi que dans le corps médical et parmi les autorités cette hostilité tacite, qui était de règle autrefois, a disparu. Cette situation agréable et confortable en soi présente cependant aussi des difficultés : peut-on être un bon psychanalyste tout en étant fonctionnarisé, institutionalisé ? Comment devons-nous harmoniser notre enseignement clinique et psychanalytique ? Comment devons-nous concevoir la formation des futurs psychiatres qui tous s'intéressent à la psychanalyse, mais qui, par la force des choses, ne peuvent pas tous devenir des psychanalystes ? Il n'entre pas dans mon dessein aujourd'hui de vous exposer ces problèmes en détail, mais il me semblait que même dans un discours de bienvenue, on était non seulement autorisé mais obligé de parler de la couleur locale ; alors, au lieu de vous parler du