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Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
Me voilà aujourd'hui bien attrapée pour avoir, un jour lointain, proposé l'Œdipe comme thème de ce Congrès. Mais vous voilà attrapés vous tous aussi. L'Œdipe, en effet, comme tout ce qui s'y apparente, continue à nous impliquer tous, car nous vivons dans un monde dont la structuration reste en grande partie d'essence œdipienne.
Contrairement à ce qui a pu parfois apparaître quand nous avons, M. Roch et moi, circonscrit nos sujets respectifs, et contrairement à ce que nous avons craint nous-mêmes (craint ou souhaité…) ce sujet de l'Œdipe, je crois que nous ne l'avons pas fui.
L'obligation d'édifier un travail pour une date promise, et celle de nous trouver maintenant ici devant vous, dans le même danger, nous ont créé une sorte de fraternité. Mais une autre fraternité nous est apparue ensuite, bien plus sensible encore : celle de devoir, comme premier temps de notre travail, suivre et retrouver pas à pas notre propre histoire œdipienne, celle de notre enfance, celle de notre analyse, et d'en suivre les traces jusque dans notre vie présente, autant dire l'obligation parallèle de revivre par l'intérieur la tranche la plus humaine de notre vie. Cette démarche ne va pas toujours sans peine, mais nous n'avions pas le choix.
Je ne sais jusqu'à quel point la même obligation a pu s'imposer aux participants de ce Congrès.
Étudier, comme l'a fait M. Roch, l'édification du Surmoi, c'est, d'une certaine façon, étudier l'édification de l'être humain. En ce qui me concerne j'ai essayé de préciser un mode (parmi les autres), de structuration libidinale qui concerne une catégorie de nos semblables, auxquels, en tant que psychanalystes, nous sommes amenés à nous intéresser particulièrement.