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En me faisant l'honneur de me charger avec ma collègue Mme Luquet-Parat de présenter un travail sur le thème de l'Œdipe, le Congrès des Psychanalystes de Langues romanes m'a placé, en 1964, devant un thème si prestigieux, dont les échos innombrables de la clinique psychanalytique et de la culture éveillaient en moi tant d'intérêts convergents et divergents, que j'ai dû me donner, je dois le dire, un assez long délai d'attente pour fixer mon sujet.
Le choix de traiter du Surmoi ne m'a certes pas été facile. D'une part, je tenais à rester en quelque sorte au centre du thème œdipien, d'autre part le complexe d'Œdipe m'intéressait en tant qu'organisateur et je tenais, je dois le dire, à profiter de cette occasion et de cette incitation au travail pour tenter de mieux comprendre les principaux aspects du rôle que joue le conflit œdipien dans l'organisation de la personnalité humaine et, par conséquent, de son influence dernière et décisive sur le destin de l'homme occidental ou, disons plutôt, de l'homme tel qu'il peut être observé, au travers de la clinique psychanalytique et dans le mouvement de la connaissance psychanalytique.
C'est enfin en reconsidérant la tragédie d'Œdipe-Roi que le drame spécifique à l'être humain, si longuement astreint à la dépendance, a orienté mon choix vers cette organisation de la troisième instance que je tends, pour ma part, à prendre pour le phénomène et l'indice psychologique essentiel de ce qu'il est convenu d'appeler « résolution de l'Œdipe ». Je veux signifier par là qu'il n'y a, hors de cette organisation fonctionnelle fondée sur l'internalisation d'un conflit insoluble, jamais aucune résolution du complexe d'Œdipe.
C'est ainsi que je vous présente mon travail par cette proposition a priori : c'est de la réussite de l'organisation du Surmoi, de cette structure fonctionnelle au sein du Moi prise dans son ensemble — Idéal du Moi