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P. Marty vient de nous présenter avec une grande netteté un principe de clivage qui permettrait de classer — avec le schématisme inhérent à toute classification très générale — les tableaux cliniques psychosomatiques selon deux grands groupes : celui des régressions proprement dites et celui des désorganisations progressives, suivant qu'on assiste à des mouvements critiques limités stimulant un potentiel libidinal réorganisateur ou bien au contraire à une déstructuration presque sans frein où s'affirme la prévalence de l'Instinct de Mort.
Quelque discutable que puisse paraître cette dichotomie, que du reste maintes remarques marginales ou terminales viennent tempérer, il est, je crois, de fait, qu'elle répond bien à l'expérience clinique du psychosomaticien sous un certain aspect : elle aurait donc une valeur descriptive et nosographique. Et somme toute, la notion freudienne de régression se donnant d'abord elle-même comme descriptive, il serait mal à propos de chercher d'emblée sa portée explicative dans le domaine considéré par ce colloque. Or cliniquement il semble bien que tantôt le trouble somatique apparaisse lorsque les mécanismes de défense du moi se montrent insuffisants et joue alors un rôle analogue à celui que joue le retour de la libido à tel point de fixation dans le champ de la névrose (par exemple) avec une portée défensive non douteuse, et que tantôt, en revanche, la maladie se déchaîne, sans être du tout l'origine d'une ressaisie libidinale, sans valeur d'induction restructurante. Faut-il comprendre cette différence comme liée dans le premier cas au fait qu'un véritable retour à un mode primitif d'équilibration de la personnalité