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Mesdames et Messieurs,
J'ai le plaisir et l'honneur d'ouvrir ce Colloque sur la psychothérapie des psychotiques. Que le psychanalyste se préoccupe de ce que Freud a appelé la névrose narcissique n'a rien de nouveau, et on peut certainement dire avec raison que dès le début la psychanalyse a non seulement contribué à une meilleure compréhension des phénomènes pathologiques de la schizophrénie, mais elle a encore largement influencé l'attitude du médecin et la conduite thérapeutique jusqu'à présent. Il y a 60 ans, en 1896, Freud a publié un petit travail, L'analyse d'un cas de paranoïa chronique. Sans vouloir esquisser ici une histoire des conceptions théoriques analytiques sur la psychose, je ne peux pas m'empêcher de vous rappeler à quel point, à ce moment-là déjà, Freud avait bien vu les mécanismes essentiels, comme par exemple l'origine des hallucinations, qui sont pour lui un symptôme du retour, après transformation, de quelque chose de refoulé, mais aussi les conséquences d'un compromis entre la résistance du Moi et la puissance de ce contenu qui revient.
De quoi voulons-nous donc parler cet après-midi ? Il pourrait être intéressant et profitable pour nous tous de nous pencher sur les problèmes d'interprétation générale des éléments de la psychose ; nous aurions aussi pu choisir comme thème de notre discussion des questions de détail, telles que le rôle de la verbalisation dans la psychothérapie analytique des psychoses, ou au contraire le rôle de la communication préverbale et sa fonction interprétative éventuelle, etc. Devant cette foule de problèmes, nous avons dû nous décider à nous restreindre et nous avons choisi ainsi de parler exclusivement de la schizophrénie et d'envisager en premier lieu le problème de l'Œdipe. Cela semble en effet tout naturel, puisque tout notre Congrès est placé sous ce sigle-là.