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« Et parce qu'une âme gouverne deux corps, comment l'on voit la mère désirer une nourriture et reniant en être marqué. »
« J'ai toujours été frappé de voir, soit au cours de traitements, soit dans les conversations avec des collègues, soit encore dans les séminaires de contrôle, combien la notion de la crainte de la femme phallique est tout ensemble des plus répandues et des plus malaisées à appréhender. Je pense tout particulièrement à l'air ébahi de certains jeunes analystes en contrôle lorsque la mère phallique venait pour la première fois sur le tapis. Il semblait qu'ils n'eussent jamais entendu évoquer une notion de ce genre ni vécu ce phénomène dans leur propre analyse. C'est pour cette raison qu'il m'a paru utile de chercher à préciser cette notion et les raisons de la crainte inconsciente qu'inspire à l'homme la mère phallique » (2). Ainsi s'exprimait John Leuba en 1949 dans un des rares articles de la littérature sur la mère phallique, malgré la multiplicité, la constance, l'insistance des allusions à son sujet. Car les temps ont bien changé. Les jeunes élèves ébahis ont entendu la leçon et sont devenus nos maîtres ; ils ont nourri ceux qu'ils avaient la charge d'instruire à la mamelle de la mère phallique.
Aujourd'hui la question s'inverse. Elle nous conduirait plutôt,