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« Regarde, tu peux m'aimer, je ressemble tellement à l'objet. » Monologue du Moi,
Que le narcissisme soit une idée centrale de la psychanalyse, nul parmi vous qui n'en soit convaincu ; personne non plus qui soit venu ici ce soir pour me l'entendre dire.
Les difficultés ne commenceront que lorsqu'il s'agira de donner au narcissisme sa juste place dans l'organisation de l'appareil psychique et, corrélativement, de définir son rôle dans la structuration de la situation analytique.
Nous laisserons de côté le sens premier du terme, celui que donnait au narcissisme Näcke, à qui Freud l'a emprunté, et qui correspond à un stade de l'évolution de la libido où le corps propre du sujet est investi sur un mode objectai.
Il faut d'emblée faire remarquer que le sens originel du terme correspond bien au concept de narcissisme secondaire : le sujet traite son propre corps comme un objet sexuel. Un tel comportement ne peut se rencontrer qu'à des stades avancés de l'évolution libidinale : il s'agit d'une régression narcissique qui suppose un stade antérieur, une évolution et enfin un recul de l'organisation libidinale qui caractérise la perversion. En regard de ce narcissisme déjà secondaire, le narcissisme primaire apparaîtra comme représentant un état indifférencié de la libido correspondant à l'indifférenciation primitive de l'appareil psychique.