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Quand peut-on considérer qu'une psychanalyse a été menée jusqu'à un terme satisfaisant ? Voici une question que se pose chaque psychanalyste à propos de chacun de ses patients, quelle que soit l'allure particulière de chaque cure. Et relire la méditation de Freud, écrite près de la fin de sa carrière, constitue pour chacun d'entre nous un exercice dont les résultats sont parfois surprenants, ne serait-ce qu'en raison de la multitude de questions soulevées dans ce texte, questions qui restent encore à débattre aujourd'hui, malgré les progrès de nos connaissances en certains domaines.
Se demander quand une analyse peut être considérée comme réussie, c'est d'abord s'interroger sur le processus analytique, en fonction du but qu'il s'agit d'atteindre. Freud introduit son propos avec quelque malice. Le but de la psychanalyse « est de débarrasser un sujet de ses symptômes névrotiques, de ses inhibitions et de ses anomalies de caractère ». Plus loin, il est indiqué, mais cela va de soi, que le patient doit avoir surmonté ses angoisses. Il n'est cependant pas excessif d'affirmer que c'est pour montrer combien ces termes, empruntés au langage de l'observation clinique ou de la phénoménologie, sont inadéquats pour définir les buts de l'analyse, que Freud les utilise pour ouvrir le débat. La disparition des symptômes, la résolution de l'angoisse, la levée des inhibitions peuvent être observées dans des circonstances très variées, et ne donnent aucun élément sûr concernant le pronostic lointain, en particulier sur les chances de rechute ou de réapparition d'autres formations névrotiques. Seule, une évaluation du travail analytique nous offre des éléments de discussion. Encore faut-il auparavant déterminer le plan dans lequel doit se situer le débat.