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Dans leur note préliminaire, les éditeurs anglais de la Standard relèvent, à juste titre, l'attention que Freud portait sur les aspects non thérapeutiques de l'analyse, tout particulièrement vers la fin de sa vie. Toutefois, il me semble que les préoccupations thérapeutiques figurent en bonne place dans Analyse terminée et analyse interminable puisque, par exemple, la question du terme de l'analyse est centrée sur un problème de technique — celui de l'accélération des cures — et qu'elle conduit à considérer tant la possibilité d'une liquidation totale du conflit opposant le Moi à l'instinct que la valeur prophylactique de l'analyse.
On a souvent noté le scepticisme qui transparaît dans ce texte où Freud — comme James Strachey le dit — renoue un souci qu'il exprimait voici 66 ans, presque jour pour jour, dans une lettre à Wilhelm Fliess (1). N'est-il pas remarquable que Freud illustre, si l'on peut dire, son pessimisme — dont les accents philosophiques n'échappent pas — en faisant référence à l'analyse de son élève Ferenczi et à ses suites, cependant que, d'autre part, il cite précisément un texte de Ferenczi où il est dit que l'analyse n'est pas un processus sans fin mais qu'elle doit pouvoir être amenée à un terme naturel.
Quoi qu'il en soit, il est certain que chaque analyste a eu plus d'une fois l'occasion de mener une analyse, même hérissée de difficultés, à un terme qu'il éprouvait comme logique, vrai, et pour tout dire définitif ; l'ensemble du processus donnant le sentiment qu'une sorte de trajectoire avait été suivie, peut-être toute prête, potentielle, au début de la cure. C'est dans ces cas que l'analyse paraît même gagner une valeur esthétique.
Alors il est permis de penser que les expressions : analyse terminée, interminable, incomplète, inachevée ou infinie, sont fort ambiguës. Je vais essayer de m'expliquer :
Freud, lorsqu'il rappelle la question de l'étiologie traumatique des troubles, nous dit