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Edwin B. Holt s'efforce de définir le contenu moral de la pensée freudienne. La psychologie freudienne, dit-il, est fondée sur la doctrine du désir, comme les sciences physiques le sont aujourd'hui sur la conception de la fonction. Au travers du désir, l'aspect « objet » du phénomène mental est comme modifié et réinterprété. Selon l'auteur, le terme « désir » est le plus inadéquat que Freud pouvait choisir parce qu'il semble signifier le désir de, ou l'intérêt pour, quelque « fin », alors qu'il désigne chez Freud l'objectif ou le cours de l'action par réaction à l'environnement et ne vise aucune fin, exactement de même que le temps n'infère pas de fin. Le processus est, dans son principe, le même du bas au sommet de l'échelle animale. Il met en jeu des mécanismes physiologiques chez les êtres inférieurs (le poisson attiré par une source lumineuse) et se complique de facteurs psychologiques chez les êtres supérieurs. Chez l'humain le comportement résulte souvent du conflit de plusieurs désirs antagonistes. Sa conduite morale se fait alors par discrimination ou par suppression de l'un des désirs. Holt oppose l'éthique freudienne à celle d'autres penseurs, notamment à l'éthique hégélienne qui donne à supposer que les conflits du mal et du bien sont désirables et doivent être encouragés parce qu'ils peuvent engendrer une triomphante synthèse. Holt assure qu'on obtient une analyse psychologique plus claire et plus utilisable du comportement humain à partir du point de vue de Freud que de celui de Hegel. Il en arrive à constater que l'éthique freudienne est une justification littérale et concrète de l'enseignement de Socrate, la vérité étant la seule sanction morale et la discrimination entre des faits non encore réalisés étant la seule voie pour sortir de tout dilemme moral. Cette étude amène Holt à exposer ses vues sur l'apparition de la vie sur la terre et de la connaissance chez l'être pensant.
J. S.