You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« Cette visée je la vis transposition, structure une autre. »
Cet exposé n'a pour but que d'ouvrir la question sur le « temps » et la cure. Plus exactement sur la temporalité. Plus précisément encore sur ce qu'il a été convenu d'appeler « la réminiscence ».
Kant avait cru que le temps affectait lui-même le concept de représentation des objets. Freud lui répond que, dans un rêve, lorsqu'un objet devrait être là à sa place et qu'il n'y est plus, le temps a passé : le temps n'est donc rien. De sa place laissée vacante l'objet s'affirme obscurément et fortement. Le temps en tant que tel ne peut rien affecter, car être affecté (l'affect) c'est ce qui « m'apparaît parce que je ne l'ai pas créé, quelque chose de déjà donné ».
Le temps passé est une dette a priori, certes, mais l'héritage doit être détruit et anticipé par cette destruction même au-delà de la dette. Cet héritage reçu et l'anticipation — ou la décision — sont constitués l'un dans l'autre, l'un par l'autre avant même d'être séparés. Le temps de la décision pour Freud a été d'interpréter la cure dans le même temps qu'il en établissait les linéaments, les conditions de possibilité. Rappelons-nous la phrase de Kant, la plus modeste en apparence et la plus intempestive en fait : « Les conditions de possibilité de l'expérience sont EN MEME TEMPS les conditions de possibilité des objets de l'expérience. »
Ici, c'est le « en même temps » (le zugleich) qui prévaut. Les objets de l'expérience analytique sont inséparables des conditions d'où ils