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L'importance de la notion de transfert n'est pas à démontrer. Sa découverte a inauguré une ère nouvelle en psychothérapie. Le mérite en revient à Freud qui paraît bien l'avoir faite entièrement de lui-même. En effet, alors que pour élaborer sa notion d'inconscient et même sa théorie du rêve, il avait été mis sur la voie par un courant d'idées répandu à l'époque, c'est tout au plus si on retrouve dans le concept de transfert l'idée de la répétition d'une expérience émotionnelle, idée déjà contenue dans la méthode cathartique.
Nous pouvons affirmer aujourd'hui avec quasi certitude que la découverte du transfert fut sa première découverte capitale, celle qui a frayé le chemin à la série des autres découvertes que l'on sait.
En quoi consiste l'originalité de la théorie du transfert ? Elle a fait apparaître les forces dynamiques, jusque-là ignorées, qui sont en jeu dans la relation médecin-malade. On peut dire qu'elle a mis un terme aux résistances qui, depuis la fin du XVIIIe siècle, époque à laquelle la psychothérapie est entrée dans sa phase expérimentale, masquaient le rôle réel des deux protagonistes de la relation. Freud, le premier, a su dégager les courants affectifs qui les unissent réciproquement. A quelle date peut-on faire remonter la conception de cette découverte ? Quelles ont été les étapes de sa genèse ? Nous sommes très mal renseignés sur ces points, le témoignage de Freud faisant défaut. D'autre part, on ne trouve pas d'indications dans la littérature psychanalytique, à l'exception de l'article de T. S. Szasz paru récemment (1963), qui formule certaines hypothèses et sur lequel nous reviendrons dans le cours de cet exposé. Cependant, les publications parues depuis une quinzaine d'années sur les origines de la psychanalyse, en particulier la biographie