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La dépression mérite de constituer le thème de ce Séminaire à deux titres principaux: elle est une matière clinique de plus en plus fréquente —elle est un sujet de discussion des plus intéressants en psychanalyse, et qui nous conduit en particulier au plus profond des avenues métapsychologiques. Cet intérêt se traduit par le nombre important de travaux parus ces dernières années sur le thème de la dépression dans les revues psychanalytiques, dans la Revue française et dans le Journal international pour ne citer que ces deux-là.
Assistons-nous à une réelle augmentation de la morbidité dépressive ? L'un de nous (S, Nacht) observait naguère qu'il n'est que de regarder les gens dans les rues pour se convaincre que notre monde actuel est un monde de déprimés.
Nous croyons — et Pasche aussi — que les états dépressifs augmentent de fréquence, mais cette augmentation n'est pas prouvée, ni approuvée par tous. Il n'en est pas moins sûr que nous, psychanalystes, voyons et traitons de moins en moins de névroses pures — que d'autre part nous rencontrons de plus en plus et reconnaissons de mieux en mieux des états authentiquement dépressifs mais atypiques ou larvés — et qu'enfin nous songeons de plus en plus au noyau dépressif de maints états de différente apparence.
En reprenant ici les principaux thèmes de notre travail de 1959 (2) sur les états dépressifs, nous toucherons tout d'abord la délicate question