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Si comme le pensait tout d'abord Abraham, la dépression et l'angoisse, ont certains rapports avec le refoulement; et si, d'accord avec Fenichel, nous constatons que la lutte que soutient l'homme pour conserver le sentiment de sa propre valeur est un facteur universel, nous ne nous étonnerons pas de voir l'analyse, qui met en cause à la fois le refoulement et le narcissisme des patients, provoquer ou risquer de provoquer des moments dépressifs. Un grand nombre d'entre eux ont déjà connu de ces moments dans leur vie, un sentiment de mal être, d'infériorité, de pessimisme, d'échec, de solitude, d'ennui. Certains s'y sont laissés aller, d'autres s'en sont mieux défendus; mais tous ont mal vécu le conflit œdipien et la blessure de cet échec cuisant et inévitable. L'échec œdipien est plus ou moins déprimant selon les individus, mais davantage pour ceux qui, sans être des déprimés mélancoliques, n'ont pourtant pas convenablement établi leurs identifications depuis les plus précoces, dont par conséquent ni le Moi, ni le Surmoi, ne sont bien structurés et dont l'évolution narcissique est défaillante. Ces derniers seront donc plus que d'autres tentés par la dépression, ou menacés par elle et dans ce cas susceptibles de s'en défendre. Les mécanismes utilisés ne sont sans doute pas vraiment spécifiques, ils semblent bien pouvoir se ranger parmi ceux qui appartiennent aux deux grands modes de résistance en analyse (par ou contre le transfert), cependant, je voudrais essayer de les décrire en fonction de la lutte contre la perte d'objet, objet dont dépend l'estime de soi.
Tous les auteurs sont, je crois, d'accord pour reconnaître chez les patients menacés de se déprimer une tendance à l'ambivalence de caractère prégénital : une intense agressivité de nature sadique, avec un grand besoin d'amour possessif, exclusif de nature orale. C'est du