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Il est classique de considérer que le processus psychanalytique, une fois mis en route, ouvre au patient des issues qui permettent de reconsidérer ses conflits internes. Cela n'empêche pas que ce processus puisse être vécu par certains patients comme particulièrement apte à les précipiter dans un état dépressif.
Abraham a tracé entre la structure obsessionnelle et les états dépressifs une frontière : celle qui sépare les deux phases du stade anal qu'il a individualisées. A la première phase culminent les tendances sadiques et expulsives, à la seconde celles tendant à retenir l'objet. Le dépressif ne parvient pas à se maintenir au niveau de la deuxième phase, l'objet expulsé sadiquement sur un mode anal est réincorporé oralement massivement. Entre les crises le dépressif parvient à retenir cet objet intérieur.
Or, chez nos patients, une grande partie de cet objet intérieur est le Surmoi, c'est-à-dire un système de régulation interne des représentations, du comportement, des affects et de la self-estime. La fragilité du lien entre le déprimé et cet objet intérieur prend ses racines dans un déséquilibre entre l'exigence surmoïque et le peu d'estime que reĉoit le déprimé ayant satisfait à cette exigence. Un antécédent fréquent se trouve à l'origine de ce déséquilibre : l'objet a été perdu réellement ou fantasmatiquement, alors que le sujet se trouvait dans des dispositions agressives contre lui. Le travail du deuil aboutit alors à l'incorporation d'un objet blessé qui ne pardonnera plus jamais. En dépit des efforts du déprimé pour trouver des objets substitutifs aptes à régler sa self-estime l'influence néfaste de l'objet irréparable reste intacte à l'arrière-plan.
Ce préambule pathogénique m'est apparu nécessaire à la compréhension des aléas qui peuvent survenir au cours de la cure.