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On peut penser qu'un important travail sera fait un jour pas très éloigné pour une mise au point des rapports entre la pensée de Marx et celle de Freud. A vrai dire un tel travail demande que l'auteur réunisse des compétences rarement réunies chez un même individu, celles de l'historien et du philosophe, du psychanalyste et de l'économiste. Mais l'idée est dans l'air. Deux pensées fondamentales du xixe siècle arrivent de nos jours à une maturité telle qu'on en rencontre l'écho dans tous les domaines. Elles appellent une confrontation qui n'a jusqu'à présent pas été possible à cause sans doute de la charge passionnelle qui affectait les premiers commentaires. C'est un fait que Freud fait à peine allusion à la pensée de Marx et que les représentants de la pensée marxiste ont jusqu'à présent repoussé comme idéaliste la pensée de Freud. La parenté est pourtant frappante pour un esprit non prévenu entre la démarche de Freud remettant « sur ses pieds » l'homo sapiens enraciné dans le biologique par ses pulsions, et celle de Marx remettant « sur ses pieds » l'homo faber enraciné dans l'économique par ses besoins. Les rapports historiques entre les deux méthodologies, celle qui a fondé la sociologie concrète et celle qui a fondé la psychologie concrète, les liens culturels qui les ont permis et nourris, leis mises à l'épreuve dans la pratique, les évolutions subies, telles seront les grandes lignes des recherches. De fait ce travail se trouve entrepris ici et là partiellement. La contribution la plus importante a été apportée par Marcuse. Le livre d'Osborn s'inscrit dans cette perspective. Il n'est pas le grand travail attendu, mais plutôt un honnête ouvrage de vulgarisation qui procède, nous dit l'auteur, du désir d'harmoniser ses deux convictions, car « les irrationalités du monde social extérieur sont à l'image des irrationalités internes de la vie psychologique; et ces deux états, un homme irrationnel dans un monde irrationnel, sont liés ensemble d'une faĉon inextricabl