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Les problèmes techniques posés par l'analyse des résistances, qui présupposent des contre-investissements auxquels le Moi se cramponne, conduisent à l'étude des lois de l'économie psychique qui gouvernent l'agencement des représentations soumises à des opérations défensives. Délégués de la pulsion ou doublures de la perception, les représentations sont des investissements de traces mnésiques, essentiellement visuelles ou auditives, que le processus de défense voue à un destin séparé de celui de l'affect. Le travail analytique offre la particularité de favoriser leurs opportunes rencontres dont la fécondité se juge aux remaniements économiques qu'elles entraînent. La coalescence des mots, des affects et des choses se retrouve au cœur même des formations composites que sont les fantasmes. Considérés comme le premier degré d'élaboration du rêve et de la création des symptômes (2), les fantasmes plongent leurs racines dans les profondeurs du Ça et poussent des arborescences jusqu'à la couche corticale du Moi. Leur surgissement dans la séance d'analyse, par leur multiple appartenance topique et leur contingent pulsionnel et défensif, donne au discours associatif un relief particulier, le transforme en quelque sorte en images à trois dimensions. Leur absence, au contraire, le réduit souvent à une image unidimensionnelle. Mais surtout, et c'est ce qui appelle ces remarques liminaires, si les fantasmes combinent le vécu, l'entendu et le vu par le sujet lui-même, c'est à partir des choses entendues qu'ils sont constitués (3). Cette valorisation de l'entendu chez Freud n'est pas imputable aux seuls premiers écrits psychanalytiques. Elle est constante et se retrouve jusqu'à la fin de son œuvre. « C'est le travail de la fonction du langage, écrira-t-il dans l' Abrégé (4), d'apporter au Moi le matériel