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Le malade sur lequel porte cette étude fut soigné par moi il y a vingt ans, dans le Service de Pédiatrie d'un Hôpital général. Il avait alors sept ans, et présentait les symptômes classiques d'une grave colite ulcéreuse, revenant fréquemment : anorexie, crampes abdominales, diarrhée sanglante et fièvre élevée. Les rayons X montraient la perte du contour colique normal et des ulcérations du gros intestin. Il guérit de cette colite ulcéreuse à l'âge de huit ans, mais le traitement fut poursuivi jusqu'à ce qu'il eut neuf ans, et j'en ai donné un compte rendu détaillé (Sperling, 1946). Je restai en contact avec le malade et sa famille jusqu'à son adolescence, époque à laquelle je l'aidai de temps à autre, surtout à propos de difficultés à l'école. Je savais qu'il s'intéressait aux serpents et qu'il en élevait plusieurs dans des cages, chez lui, comme « distraction » . Ce fut vers ce moment-là que je le perdis de vue.
Je revis le malade quand il eut vingt-deux ans. Il vint alors me consulter à cause de ses « difficultés avec les filles ». J'appris qu'il avait été reconnu bon pour le service armé, et qu'il était allé outre-mer. C'était un beau jeune homme, bien bâti et d'aspect soigné. Il me dit qu'il avait été en bonne santé pendant toutes ces années, sans aucune récidive de colite ulcéreuse. En fait, il se plaignait, entre autres choses, d'être constipé et d'être obligé de faire attention à son régime afin de ne pas grossir. Il semblait être exagérément soucieux de son physique et surtout de sa silhouette. La solution qui parut la plus praticable,