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Freud se montrait pessimiste quant à la possibilité d'aborder par la psychanalyse les névroses narcissiques. Il pensait que les patients souffrant de ce genre de maladie montraient une incapacité de transfert, ou du moins que ce qui leur en restait était insuffisant. Il décrivait la résistance de ces patients comme un mur de pierre infranchissable et disait qu'ils se détournent du médecin non avec hostilité mais avec indifférence.
Beaucoup d'analystes ont essayé de mettre au point des méthodes analytiques adaptées au traitement des patients narcissiques. Je pense à Waelder (1925), Clark (1933) et plus tard Fromm-Reichmann (1943-1947), Bion (1926), Rosenfeld et d'autres encore. La majorité des analystes qui ont soigné des patients narcissiques ne partage pas le point de vue de Freud sur l'absence de transfert. Comme le transfert est le véhicule principal de l'investigation psychanalytique, il semble essentiel que, pour parvenir à comprendre le narcissisme, la conduite du narcissique dans la situation transférentielle de l'analyse soit observée dans ses moindres détails.
Franz Cohn (1940) émit la suggestion que la distinction tranchée entre la névrose de transfert et la névrose narcissique ne devrait pas être prise en considération. Il pensait que le transfert dans la névrose narcissique est d'un type primitif ou rudimentaire — que par exemple, il existe souvent de sérieuses difficultés lorsqu'il s'agit de distinguer entre le sujet et l'objet — et il met l'accent sur l'introjection et la projection des tendances destructrices en terme d'oralité et d'analité dans la relation à l'analyste. Stone (1954) a décrit des transferts qui sont littéralement narcissiques où l'analyste est confondu avec le soi